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mardi 19 février 2008

9 août 1927 : Ca se précise




"Mon cher vieux Sagouin,
Pour enchaîner sans autre préambule, je t'annonce tout de suite que nous t'attendons samedi matin. Tu peux donner à ce "nous" un sens assez large, car il ne s'agit pas seulement de Violette et moi.
Particulièrement, je t'attendrai au train, si ton heure d'arrivée n'est pas trop tardive, afin de te piloter dans ce bon Paris, dont il ne faudra nullement t'effarer, et te mener à bon port rue Ravignan.
Pour revenir à nos moutons (pardon !), ta "possible" a été pressentie aujourd'hui par Violette : elle accepte volontiers une entrevue. A cet effet, le Bois de Boulogne nous attendra samedi après-midi - nous tâcherons que l'ambiance et le paysage soient idoines à faire éclore en vos coeurs la petite fleur bleue.
D'elle je ne te dirai rien, parce que je n'en parlerais guère que par ouï-dire. Et puis Belle a dû te documenter longuement sur ses qualités essentielles ; pour les autres, tu auras le plaisir, j'espère, de les découvrir toi-même. Toutefois, si tu es un peu graphologue, cet échantillon de son écriture te renseignera déjà quelque peu.
Donc nous t'attendons ferme, dis-nous l'heure d'arrivée de ton train, choisis une bonne banquette pour être bien en forme et on pourra faire quelque chose de toi."


Paul Dumas à Henri Reignier, 9 août 1927




1927 : C'est comme ça que ça a commencé...

"(...)A ce paragraphe, tu pourras passer ma lettre à Henri. Etant allée voir les Beauser à Paris, je n'ai rencontré que leur fille Jane. Alors tu saisis. Elle attend le mari possible. Donc si Henri s'en sent et qu'il veuille utiliser ses vacances à ce sport, un mot de lui et nous tirons les plans. (...) Il doit pouvoir se rappeler une blonde mousseuse qui se rasait à 5 francs de l'heure au mariage d'Alberte. C'est déjà de quoi se faire une opinion. Pour plus amples renseignements, l'objet en question doit avoir environ 26 ans, rentre d'Angleterre où elle a passé un an pour apprendre la langue, est assez calée en dessin décoratif, désire beaucoup se marier, bonne femme d'intérieur, a un frère marié à Bruxelles et une soeur à New-York, et vit avec ses parents, son père à la banque Privée. Le tout sera de ménager une rencontre. Nous n'en sommes pas encore là, mais songe qu'Henri a le 1/4 de place et que d'autre part Paul serait enchanté de le voir arriver."

Thérèse Biass à Marthe Reignier, été 1927.